Un patronyme limité au Lot- et Garonne ?


 

Ce patronyme est fort rare et ne semble être présent  jusqu’ au XIXème siècle qu’en Lot et Garonne,  excepté quelques unités en Gironde et en Algérie…tout du moins sous cette orthographe.

Les derniers LAUBANEY que j’ai relevés dans le Lot et Garonne , au XXème siècle, appartiennent à notre famille directe, issus de la branche « Pierre LAUBANEY + Marie CHAGNES » de Jusix:

-          en 1911, Pierre LAUBANEY, le père lui-même,  à Jusix,

-          en 1941, Jeanne LAUBANEY, toujours à Jusix (épouse GILLARD), une de ses filles

-          en 1945, Raymond LAUBANEY à Lagupie (célibataire . Un original, écolo avant l’heure.), un de ses fils,

Quant à la dernière LAUBANEY présente, c’est bien entendu, son autre fille, mon aîeule, cette sacrée Anne LAUBANEY, décédée le 3 octobre 1951 à Couthures, âgée de 94 ans.

En consultant le site des noms de famille basé sur le relevé des naissances depuis 1891 en France  (http://www.geopatronyme.com/ ) il apparaît qu’au XXème siècle, les LAUBANEY disparaissent quasiment de la cartographie française, hormis quelques souches en Gironde et Vaucluse (la naissance en Pyrénées Orientales doit être un accident de route !)

-          4 naissances sont relevées de 1891 à 1915, en Gironde

-          5 naissances de 1916 à 1940 (3 en Vaucluse, 1 en Gironde et 1 en Pyrénées Orientales)

-          8 naissances de 1941 à 1965 dans le Vaucluse

-          5 naissances de 1966 à 1990 dans le Vaucluse.

Quant aux LAUBANEY d’Algérie, il s’agit d’un Pierre LAUBANEY, né en 1869 à Génissac en Gironde de Léon LAUBANEY et Louise GOUTEYRON, marié à Soleda CREPO, qui a en 1902 une fille à Cap Matifou :Emilienne, Thérèse LAUBANEY.

A ce jour, je n’ai trouvé aucun lien entre nos LAUBANEY du Lot et Garonne et ces LAUBANEY de Génissac, puis de Cap Matifou ;

Toutefois, il faut relativiser cette apparente rareté…et disparition de patronyme, tout du moins sous cette forme.

Il semble vraisemblable que ce patronyme peut être une modification/déformation du patronyme LOUBANEY, présent en Gironde dans la région de Hourtin.

Patronyme qui, semble-t-il, résiste un peu mieux que celui de nos LAUBANEY

Sur le site des noms de familles, le patronyme des LOUBANEY se perpétue encore :

1891-1915 : 31 naissances en Gironde

1916-1940 : 32 naissances en Gironde

1941-1965 : 27 naissances en Gironde

1966-1990 : 16 naissances en Gironde, 1 dans l’Eure

Sans compter qu’il est toujours aussi vraisemblable que les LAULANEY, les LAUGLANEY, les AUBANEY même…et les LAUBANEY/LOUBANEY n’aient qu’une seule et même origine….

D’après le « Dictionnaire étymologique des noms de famille gascon »s de Michel GROSCLAUDE

« Loubané » renvoie à « Loup » et à « Labanère ».

Il émet à partir de là, deux hypothèses :

-          Soit un assemblage de  « Loup » (St Loup, saint populaire) + Aner (âne)…au mieux, celui qui s’appelait Loup et s’occupait des ânes ; une sorte de berger en quelque sorte. Au pire Loup qui n’était qu’un âne !

-          Soit un nom de métier : Loubané = mesureur de vin et Labanère serait son épouse

Une troisième hypothèse est émise par mon cousin, Alain BECOYE :

-          « Lou baneï » en patois : le pain. L’aïeul d’origine aurait-il été boulanger ?

 Les LAUBANEY de Sainte Bazeille et Beaupuy

Quoiqu’il en soit, de 1730 à nos jours, au cours de mes recherches j’ai relevé quelques 91 LAUBANEY, entre Ste Bazeille, Beaupuy, Petit St Martin, Marmande ….

Le berceau se situerait entre Sainte Bazeille et Beaupuy.

Ma branche est  issue de Pierre LAUBANEY et Jeanne LAPLACE.

Ils  donnent naissance à leur premier fils en 1749 à Sainte Bazeille.

Mais au travers des actes paroissiaux, il est clair que des liens familiaux existent entre les LAUBANEY de Beaupuy (lors des baptèmes, ils sont réciproquement parrains et marraines, dans les bénédictions nuptiales il est fait mention de la présence de l’oncle ou du cousin de Sainte Bazeille ou inversement de Beaupuy)

En tout état de cause, les LAUBANEY de Beaupuy, (avec Pierre dit « Parisien ») , de Sainte Bazeille  puis de St Martin Petit et Jusix disparaissent assez rapidement du paysage…. faute de mâles…

 

 Qui étaient ces LAUBANEY ?

Des paysans, bien entendu, comme 95% des français de l’époque.

Il est fait mention de « cultivateurs », donc vraisemblablement, de paysans relativement à l’aise (quoique à cette époque cette aisance devait être toute relative !) par rapport aux « brassiers » ou aux « journaliers », équivalents de nos ouvriers agricoles..

Fait révélateur, pourtant, les LAUBANEY savent lire et écrire.

Très tôt sur les actes de naissance, mariages qui marquent leur vie, dès le XVIIIème siècle, ils signent.
Il ne s’agit pas d’une signature laborieuse, mais de signatures fines et élégantes, apanage de ceux qui maitrisent la plume !

Cette connaissance est soit l’appartenance à une classe relativement élevée de l’échelle sociale rurale soit de leur appartenance à la religion des réformés (les protestants) où l’usage de la lecture et l’écriture était fréquent quelque soit le niveau social…ou les deux à la fois !

C’est au moment de la Révolution française que mes LAUBANEY quittent leurs fiefs : Sainte Bazeille.

Pierre LAUBANEY et son épouse Marguerite RIFFAUD se marient en 1784 à Sainte Bazeille et fondent famille.

 Ils ont 5 enfants entre 1785 et 1792 : Jean en 1784, Marie en 1785, autre Jean en 1788, Michel en 1790 et Pierre en 1792.

Puis, leur dernier enfant, Catherine, nait en 1799…à St Martin Petit.

Quant à son fils Jean, mon aïeul, il s’installera à Jusix, à Couthures et de nouveau à Jusix.

A la moitié du XIXème siècle, la « mobilité » de Jean et son épouse, Marie CHAGNES, témoigne de leur condition de métayers, signe de l’appauvrissement de cette branche des LAUBANEY.

Bien qu’ayant eu 6 enfants, leurs 3 garçons n’ont pas perpétué le patronyme dans la mesure où :

-           le premier, Pierre,  est décédé à l’âge de 3 ans,

-          Elie, né en 1872, marié à Françoise SAUVEAU à Lamothe Landerron n’a pas eu d’enfant.

-          Raymond, le troisième, né en 1875 et décédé en 1945, est resté célibataire.
 

Quelques témoignages

Raymond, "Emile" LAUBANEY est un personnage insolite et controversé sur lequel j’ai pu recueillir quelques témoignages ambigus.

Personnage solitaire, aux idées « fumeuses » pour l’époque, puits de sciences, curieux, imaginatif, écolo avant l’heure.

Au début du XXème siècle, il était déjà un partisan convaincu de la protection de la nature et  vécut en marge de la société (il s'installa quelques temps, en ermite, sur une île de la Garonne (?!) pour démontrer qu'il était possible de survivre "avec les moyens du bord" dans un milieu naturel)
Lors de la guerre de 14-18, dans les tranchées, une planche sur les genoux, "entre les coups de canon", il dessine les plans de son vaisseau aérien capable de faire gagner la guerre à la France et écrit son journal!....

Il défendit, seul, lors d’élections municipales à Couthures, sa candidature sur une profession de foi écologiste (qui obtint, bien entendu qu’une seule voix…la sienne !)

Pour certains, il était « l’original » du coin…pour d’autres, vraisemblablement, « le fou » du village !

Sa mort, elle-même, fut à son image : deux jours après sa disparition,  son corps fut retrouvé, à proximité d’un panier rempli de cèpes, sans vie, au pied d’un chêne, dans un bois.
Il s’est éteint, de mort naturelle, en pleine cueillette, dans cette nature qu’il chérissait. 



 Quant à Anne LAUBANEY, sa sœur, mon arrière-grand-mère paternelle, elle ne manquait pas de caractère non plus.

Ceux qui l’ont connue m’ont fait part de son énergie et de sa vitalité.

Agée, totalement édentée, le cousin Simon se la rappelle déchiquetant goulument et avec ravissement des morceaux de viande.

La cousine Claudine, toute jeunette, à qui elle confiait quelques sous, était chargée de lui ramener, en cachette, noisettes et friandises diverses qu’elle dévorait aussi avec gourmandise.

Haute comme 3 pommes, elle a donné naissance à 14 enfants de 22 ans à 43 ans et vécut jusqu’à 94 ans.

Son décès survint, toutefois,  par « accident » .

Elle vivait, chichement,  avec un de ses fils, Henri,  célibataire .. mais qu’elle pouvait "mener par le bout du nez".

Une de ses filles, Inès,  très aisée pour l’époque mais qu’elle considérait comme une dévergondée (elle s’habillait comme « les dames de la ville », se teignait les cheveux et se maquillait !), voulait l’installer, bourgeoisement, dans sa villa équipée de tout confort moderne.

Le jour où celle-ci vint la chercher, elle s’enferma dans sa chambre, monta sur une chaise, ouvrit la fenêtre pour l’escalader et s’enfuir (au rez de chaussée…quand même !)..mais, patatras !...compte tenu de son grand âge et du manque de souplesse, .elle se cassa la figure…et le col du fémur… Alitée, immobile, elle dépérit…et mourut quelques temps après !.

 

Ces « petites histoires » de famille rapportées par ceux qui peuvent encore témoigner sont « sans prix ».
Elles concernent une époque, pas très lointaine pourtant, mais dont la mémoire risque de disparaître définitivement, si quelque part quelqu’un/quelqu’une ne consigne pas ces souvenirs familiaux.

 

J’aime être cette « passeuse » de mémoire... 


Du nouveau à explorer....depuis Mai 2011 :
 La branche des LAUBANEY  du Sud Est, actuellement l'unique existante, serait liée à celle du Lot et Garonne, après un détour par l'Algérie.....


pour me contacter : jakapiax@orange.fr



 
 
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