La saga des Monget

a 20 ans 4
 
Ah ! C’est quelque chose, les MONGET !...
Le plus loin où j’ai pu remonter, c’est avec Simon, forgeron de son état, nait vers  1725.
 
Je n’ai obtenu que peu de choses sur ce personnage, si ce n’est qu’il est mort relativement jeune,  en 1771, âgé d’ environ 45 ans.
Il avait 2 frères, Marc et Pierre, forgerons également à Castelnau sur Gupie.
Il a quatre enfants avec son épouse :  Antoinette TEYSSIER, en 1754 et 1765 :
- Marc en 1754,
 - Nicollas (ou Colas) en 1761,
- Marie en 1763
 - et Jean en 1765.

Avec la naissance de Nicollas, en 1761, l’on apprend que la famille est installée au « village » des Aubinettes, dénommée également ultérieurement Billaud des Aubinettes.
 
Ces dénominations de "villages" correspondaient à des hameaux (groupes de maisons), en dehors du bourg proprement dit où se trouvait l’église, c'est-à-dire le centre de la paroisse.
De nos jours, ces dénominations correspondent bien souvent à des lieux-dits.
Mais il n’était pas rare au XVIIIème siècle que ces « villages » aient une réelle existence autonome par rapport au bourg connu actuellement. Il suffisait qu’ils aient une chapelle, et leur vie s’organisait autour de la « paroisse » de la Chapelle. Ainsi pour le Caubon actuel, il y avait la paroisse de Notre dame Ste Catherine, la paroisse de Caubon, et la paroisse de St Sauveur

 
Forgeron
Le terme de « forgeron » anciennement « ferron » (marchand de fer) s'adresse aux artisans fabriquant du fer ou le mettant en forme. Ce terme regroupait à l'origine les serruriers, taillandiers, couteliers et tous les ouvriers qui travaillaient le fer à la forge et au marteau. Les forgerons de campagne ont exercé pendant longtemps ces différents métiers sans aucune distinction. Ils étaient appelés aussi « fabrices ".
Les« ferrons » se distinguaient des« fèvres », nom qui a donné naissance au nom de famille très répandu en France: Lefèvre ou Lefèbvre. Au Moyen Age, ils se concentraient essentiellement à Paris, de façon à se rapprocher de leur clientèle. Les ferrons occupaient l'île de la Cité et Saint-Germain-l’Auxerrois. Les fèvres, quant à eux, étaient situés sur la rive gauche. Cependant, la dénomination de« fèvres » était souvent employée dans un sens général et de façon imprécise. Les registres de comptes nous apprennent qu'ils pouvaient aussi bien forger des clous, des serrures... Les professionnels du fer étaient réunis sous le terme de « fèvres » jusqu'au 13e siècle. Les orfèvres se rattachent à cette frairie dès le XIVéme, bien qu'ils ne travaillent que l'or et l'argent.
Les forgerons, qui travaillaient en général des métaux leur appartenant, faisaient chèrement payer leurs services, ce qui expliquait la réticence des habitants à recourir à leurs services.
Au village, derrière le terme générique de « forgeron de campagne" se cachent diverses activités qui ne relevaient pas toutes de la stricte corporation. Le forgeron de campagne s'employait à entretenir les machines agricoles, à ferrer les chevaux ou encore à aider les charrons pour certaines opérations relatives au cintrage et à l'embattage des roues. C'était donc un personnage indispensable au bon fonctionnement de la société.
Ce métier difficile requiert diverses qualités comme la vigueur physique, la dextérité, le bon goût et l'esprit d'invention. Les forgerons semblent tous posséder également un sens inné de l'esthétique qui confère à leurs œuvres, même les plus humbles, un caractère artistique indéniable. Le forgeron, homme costaud à la poigne de fer, démontre dans ses œuvres une grande sensibilité et une délicatesse presque incompatibles avec l'image qu'il projette. Sous les coups mesurés de son marteau, dont le son aux intervalles bien rythmés se répète en écho, le métal rougeoyant s'écrase, s'étire, se tord pour se transformer en un objet utilitaire.
On taxe souvent le forgeron de vaniteux. Fort de la puissance physique qu'il déploie et de la transformation de la matière dont il est capable, son orgueil semble, pour autant, justifié. De nombreux contes évoquent de quelle façon le forgeron est puni pour cet excès d'orgueil.
 
 
Extraits de la revue « Nos ancêtre : Vie & Métiers » N°1 - « Les métiers du fer XVIIe-XIXe s. »
 

Nicollas apparaît tout de suite comme un personnage singulier.
Bien que n’étant pas l’aîné,  c’est lui qui succèdera à son père, d’abord forgeron puis cultivateur.
En effet sa descendance est installée aux Aubinettes, alors que je perds la trace des autres fréres Marc et Jean, et de la sœur Marie (de toute façon, ce n’était pas les filles qui succèdaient !).
Mais il développera vraisemblablement la « fortune » de la famille.
Est-ce par ses mariages successifs ?
Il se mariera, en effet 4 fois…et jusqu’à un âge avancé.
 
Il n’était pas rare que les femmes mourant jeunes après les couches, l’homme se remariait  tout simplement pour qu’une mère soit présente au foyer et puisse élever les enfants
 
Ce motif semble effectivement valable  pour les 3 premiers mariages…
- Il épousera d’abord Jeanne UTEAU (à une date et un lieu non trouvés pour l’instant), avec laquelle il aura deux enfants : Antoine et Jeanne en 1784 et 1788
- puis en 1793, Jeanne SAUVIANNE avec laquelle Il aura 4 enfants : Marc en 1795 (mon aïeul), Louise en 1798, Jean en 1800 et Jeanne en 1802.
Malheureusement, la petite Jeanne ne vivra qu’une semaine…et sa mère suivra 1 mois après.
- Aussi en 1803, il épousera Marguerite SAUVIANNE, la sœur de Jeanne, 5 mois après.
On comprend aisément qu’une mère soit nécessaire : 5 enfants dont 3 en bas âge et du second lit.
- Et enfin en 1835 Catherine GUITET, de trente ans sa cadette : Il a 77 ans et sa femme….47 !
 
Pour ce dernier mariage, …. cette exigence de mère au foyer est beaucoup plus "suspecte"!
Il n’y a plus d’enfants à élever non plus !..
Est-ce le signe d’un sacré tempérament ?...ou d'une autre nécessité ?
A cette époque très troublée,( Révolution Française puis guerres napoléoniennes puis Révolution de Juillet en 1830)…les femmes veuves, jeunes,…se remarient pour assurer leur protection « matérielle »
Ainsi, Marguerite SAUVIANNE et Catherine GUITET avaient déjà convolé…Elles étaient effectivement veuves.

 
Des enfants du premier lit :
 - Antoine deviendra meunier au « village » de la Croix Vieille…et suivant, en cela son père Nicollas, se mariera deux fois : avec Marie Lacosse en 1807, puis avec  Marguerite BOUTY en 1836…soit 1 an après le 4ème mariage de son père…et avec une femme plus âgée (55 ans) que celle de ce dernier.
- Jeanne, aucun renseignement ne parvient jusqu'à nous. C'était le sort des filles...mariées, elles disparaissent de l'environnement familial!
Des enfants du 2ème lit :
- Marc succèdera à Nicollas, aux Aubinettes, et  épousera  Jeanne BOISGARD en 1819
- Jean se mariera, en 1823, avec Marie RECOQUILLON
- Louise se mariera , en 1826, avec Pierre BERRY de St Pierre de Lévignac (rattaché ensuite à Lévignac)
A partir de cette époque, les conjoints ne sont plus strictement de Caubon.
Même si Jeanne BOISGARD est née à Caubon, ses parents viennent de Dieulivol.
A la génération suivante, les enfants de Marc et Jeanne trouveront « chaussures à leurs pieds » dans les villages voisins…
Mais l’éloignement géographique demeure très relatif..en réalité, il apparaît que toute cette « dysnastie Monget », en tenant compte des parents des conjoints reste circonscrite dans un rayon de... 11 km maximum autour de Caubon!
Marc et Jeanne Boisgard auront 5 enfants, dont seuls 2 survivent ( 3 décèdent en bas âge : Marie à quelque 2 ans, André un peu plus de 2 ans, et Catherine à peine 1 an).
-Catherine en 1819, épousera Jacques BLANCHEREAU
- Antoine en 1826, épousera Marguerite SOURISSEAU en 1856 .
Antoine succèdera à son père, et développera encore la fortune familiale.

Le premier signe de la prospérité croissante est l’âge du mariage, puis le nombre réduit d’enfants (2).
Antoine se marie à près de 30 ans, et se satisfait d’un premier fils, Charles, en 1857.
Un 2ème fils (Charles) voit le jour en… 1870, (soit 13 ans après !) mais décèdera quelques jours après

 
Dans les familles rurales au XIXème siècle le nombre d’enfants marque leur degré de richesse
Un nombre élevé répond pour le métayer, le journalier, le paysan pauvre à la nécessité de « multiplier les bras » pour travailler la terre.
A contrario, le nombre réduit d’enfants répond chez le cultivateur, le paysan aisé, le propriétaire terrien (terme désignant Marc en 1870 lors de la naissance de son 2ème fils) à l’impératif de réduire au maximum la dispersion des terres héritées lors de leur décès.)

 
C’est sous le règne d’Antoine que les « Griffons » seront achetés à la vicomtesse de BALLAND en 1870.
 
On imagine aisément le nouveau « propriétaire terrien » acquérant les biens d’une aristocratie de plus en plus déliquescente à la fin de ce XIXème siècle….et à la veille de la première guerre entre la France et la Prusse, qui marque aussi la fin du second Empire napoléonien. Période troublée où le monde rural va commencer à régresser face à la révolution industrielle.
 
Charles MONGET, donc fils unique, épousera en 1883, Catherine PERROT d’Escassefort, fille unique également, issue d’une famille de propriétaires terriens.
Il semble que ce mariage fut avant tout un mariage « d’intérêts », car la photo de Catherine ne révèle pas une personne possédant un grand charme...et la mémoire familiale fait état des nombreuses frasques amoureuses de l'aïeul.
Charles appartiendra vraisemblablement à la "classe" des notables locaux.
Les Monget étaient "alliés" des Saint Martin de Veyran, hobereaux locaux/
D’après les actes d’état civil relevés sur la commune de Caubon et concernant la famille MONGET (actes de naissances, décès, mariage), la présence, en qualité de témoins, des St Martin de Veyran laisse supposer des relations étroites ou privilégiées entre ces familles.
Il sera conseiller municipal à Caubon de 1884 à 1912, adjoint de 1892 à 1908, et de nouveau conseiller en 1919. Le Maire étant, bien entendu, le sieur Saint Martin de Veyran.
Charles et Catherine auront 5 enfants, dont le premier, François, né à Escassefort, en 1884, ne vivra qu’1 heure.
puis suivent :
- Marie, « Emilie », en 1886
- Jean-« Hermann », en 1888
- Jeanne, Catherine, Elisabeth, « Hermande », en 1894 (ma grand-mère maternelle)
- Marie-Louise, en 1899
 
Reste, toutefois une question en suspens à laquelle la mémoire familiale ne donne aucune réponse :
pour quelles raisons ont-ils dénommé 2 de leurs enfants avec des prénoms d’origine germanique : Hermann et Hermande (prénom d'ailleurs inexistant!!! Seule mon aïeule a dû le porter à ma connaissance!), lorsque l’on sait que la guerre franco-prussienne n’a eu lieu que 17 ans auparavant, et que les relations franco-allemandes demeurent très tendues (crise Schnaebele en 1887) avec l’abandon de l’Alsace et de la Lorraine, en 1873 ?

 
 



 
 
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