Hospice des enfants trouvés de Marmande


 
Les  trois registres des enfants trouvés de l’Hospice de Marmande, retrouvés dans les archives de l’hôpital de Marmande et déposés aux archives municipales, couvrent la période de 1809 à 1833.
C’est la Congrégation des Filles de la Charité qui avait la charge de cet hospice
Les Sœurs de cette « Congrégation des Filles de la Charité de St Vincent de Paul » (créée par Vincent de Paul et Louise de Marillac en 1633) s’étaient installées dès 1704 à Marmande suite à un contrat passé entre la Congrégation et l’administration de l’Hospice de l’époque : les Sœurs étaient chargées du soin des malades, vieillards, infirmes et recueillaient les enfants trouvés. L’administration réglait le traitement de l’aumônier pour le service religieux.
Au départ, il n’y avait que 3 sœurs..
Elles se retrouvèrent 5 quelque cinquante ans plus tard.
 Une de ces Sœurs s’occupant plus particulièrement de  l’enseignement de la lecture, l’écriture, l’arithmétique et la couture aux fillettes
En 1780, un bienfaiteur anonyme légua 4 000 livres pour pourvoir aux besoins de la Sœur chargée de l’école.
En 1789, une école fut même construite à l’intérieur de l’enceinte de l’Hôpital.
Toutefois, la période révolutionnaire bouleversa la vie des religieuses et leurs conditions de
vie ainsi que celles des enfants recueillis.
En 1792, toutes les Congrégations religieuses furent supprimées.
Diverses situations se présentèrent :
  • Certains hôpitaux avaient carrément  expulsé les Soeurs (et les ont souvent rappelées quelques années après pour remédier au désordre).
  • D’autres leur avaient demandé de prêter le serment constitutionnel.
Celles qui refusèrent furent  persécutées, emprisonnées, et certaines, même, fusillées, comme à Angers, ou guillotinées comme à Arras, où à Dax pour la Supérieure de l’Hôpital.
  • D’autres établissements ont gardé les Soeurs, en habit laïque, mais dans des conditions très difficiles :  le personnel auxiliaire, n’étant plus payé faute d’argent, (les bienfaiteurs nobles s’étaient exilés en catastrophe), déserta. Les Soeurs essayèrent de faire face pour soigner les malades et les petits enfants qui arrivaient sans cesse dans ces moments mouvementés.
A Marmande, les Soeurs eurent la chance de garder leur aumônier (bien que ce dernier refusa de prêter le serment constitutionnel) et poursuivre leur activité dont l’utilité était largement reconnue par la population locale. Elles durent, seulement, modifier leur costume. (témoignage manuscrit d’un aumônier anonyme du début du XXème siècle)* .
Vraisemblablement, il a fallu  attendre un édit impérial de 1809 pour qu’une organisation effective se mette en place (d’où la tenue de ces registres) : quelques témoignages font état des conditions de dénuement dans lesquelles cette population de l’hospice se trouvait  *
Au-delà de 1833, il semble que les registres n’aient plus été tenus.

Cependant, il ressort des annotations relevées dans ces registres concernant tous les enfants rattachés à cet hospice qu’en 1835 cette mission d’accueil des enfants trouvés prit fin.

En effet, dès 1834, il semble qu’un certain nombre de nourrices furent sollicitées pour garder les enfants qu’elles avaient en charge, et ce, gratuitement. (ce fut le cas pour mon aïeule).

Tous les autres furent renvoyés à l’hospice de Marmande puis transférés à celui d’Agen ou Villeneuve sur Lot.

Un conflit avait opposé à cette époque la municipalité de Marmande à l’autorité religieuse locale sur fond de conflit entre l’ecole chrétienne et l’école laïque républicaine.
Ainsi, il ressort des comptes rendus du conseil municipal que le budget alloué à l’Hospice pour l’entretien des enfants trouvés ait été fortement diminué pour permettre la création d’une école laïque.

Mais la véritable raison de l'arrêt de la mission d'accueil des enfants trouvés à l'Hospice de Marmande répondait surtout à des impératifs politiques et économiques.
L'état français, centralisateur, désirait surveiller de prés la gestion des hospices et réduire les dépenses afférentes à l'entretien de tous ces enfants abandonnés. Il ne resta bientôt plus qu'un seul centre d'accueil par département sur tout le territoire français, sous la surveillance étroite du Préfet.

 

 
 
 
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*Les informations sur l’historique des Sœurs de la Charité à Marmande m’ont été communiquées par Sœur Marie-Paule Auphan, archiviste de la Compagnie des Filles de la Charité de Saint Vincent de Paul



 
 
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