Mais d'Où viennent les MEYRANT ?

 Il existe, souvent, si ce n’est toujours, des légendes (ou des mythes)  dans les familles.

 
Ainsi, dans mon Arbre, au sujet des MEYRANT, ma mère, les oncles, les tantes, les grands parents sont inébranlables : le berceau de la famille est  St Ferme, en Gironde, et "ils" étaient forgerons…

Pour preuve irréfutable, lors d’une exposition à St Ferme, il y a quelques années, le soufflet, les outils de forgeron de l’aïeul de St Ferme étaient là !
 
La réalité est ailleurs!.....
 
Le mythe du forgeron
 
Il y a du vrai : « mes » MEYRANT sont passés à St Ferme…passagèrement
 
Il y a du faux : à l’époque où « mes » MEYRANT sont arrivés à St Ferme (1855), ils étaient paysans, ou plus exactement Jean MAYRAND fils de Pierre et Marie PUISSEAU, cultivateurs à Auriolle, était ouvrier-carrier lors de son mariage avec Jeanne DESCRAMBES en 1854 à St Ferme.
 
Mais, à St Ferme il est devenu …boucher !
 
Dans quelles circonstances ? L'histoire, pour l'instant ne le dit pas.
 
Les documents trouvés (actes d’état civil, notariés) n’ont pas permis de montrer exactement le "Comment?" et/ou le "Pourquoi?", mais cette "mutation" est bien réelle.
 
Lors de l’établissement du contrat de mariage entre Jean « MAYRAN » et Jeanne fille naturelle de Claire DESCRAMBES, devant Me Dupar à St Ferme, le 21 novembre 1854, il est mentionné que  Jean est ouvrier-carrier.
 
Lors de l’établissement des contrats de mariage de ses enfants, il est devenu boucher :
-          Pierre « MAYRANT » (surnommé en famille « Léonce »), garçon boucher et Marie QUINQUE, le 5 juin 1882 devant Me Lacombe notaire à St Ferme. Ce qui laisse à supposer qu’il travaillait avec son père. D’ailleurs dans le contrat de mariage il est stipulé que lui, sa future femme et leurs enfants à venir, vivraient au logis de ses parents et seraient nourris, logés et chauffés.
-          Simon, Camille MEYRANT, ouvrier forgeron, et Philippe, Marie Louise TAUZIN, le 25 octobre 1883 devant Me Lacombe notaire à St Ferme. Pareillement, le contrat de mariage stipule que lui, sa future épouse et les enfants à venir, seront logés, nourris et chauffés par les parents de l’épouse à Sainte Bazeille.
 
De nouveau, les mêmes questions se posent pour Simon, Camille (mon aïeul direct) : le "Comment?" et/ou le "Pourquoi?" de son métier : ouvrier forgeron.
D’après l’acte notarié du contrat de mariage de son frère Pierre (dit en famille Léonce), MEYRANT et Marie QUINQUE, il ressort que le forgeron, un dénommé Jean SARRAZIN, était témoin, avec le boulanger, lors de la signature du contrat.
Etait-il ami de la famille MEYRANT ?
A-t-il suscité une vocation chez le jeune Camille (Simon)  et de là permis une mise en contact avec le forgeron de Sainte Bazeille, Maurice TAUZIN,   et avec sa fille unique Philippe, Marie-Louise, qu’il épousera en 1883?

De toute manière, il est clair que son frère, Pierre (dit Léonce), lui, est "boucher" et qu'il succèdera à son père. 
Quelle est la part du "droit d'ainesse", des talents et goûts de chacun ?... Rien ne nous permet de le déterminer.


 
Qu’il y eut, ensuite, un MEYRANT forgeron à St Ferme, pourquoi pas ?
Mais il n’appartient pas à notre branche directe de MEYRANT établie uniquement à partir de 1855 à St Ferme.

En effet, Jean MEYRANT et Jeanne DESCRAMBES n’eurent que 2 fils : Pierre et Camille (Simon).
L’autre fils Pierre, resté à St Ferme, marié à Marie QUINQUE n’eut, également,  que 2 enfants : une fille Marie Louise, Alice et un fils Jean qui mourut, à la guerre, le 24 septembre 1918 dans la Marne, (brancardier à la 2ème compagnie du 1er bataillon 3ème régiment des Zouaves) sans héritier.
Alice épousa Jean Germon qui récupéra la boucherie à St Ferme.
 
 
Par contre et au travers de ces contrats de mariage, l’enrichissement de la famille est significatif.
Si en 1854, les parents de Jean MAYRAND, Pierre et Marie PUISSEAU, cultivateurs à Auriolles, apportent une donation en « avancement d’hoierie » (= partage d’héritage) de 600 F (« payable en numéraire dans un mois à compter de ce jour sans intérêt »), ce même Jean avec sa femme Jeanne, apporteront à leurs fils Pierre (dit Léonce en famille), en avancement d’hoierie : 2 500 F et à leur fils Camille (Simon) 2 000 F et le mobilier d’une chambre à coucher ainsi que du linge pour une valeur totale estimée à 200 F
 
A tout bien considéré, le mariage de Pierre (dit Léonce en famille) est plus réussi que celui de Camille (Simon) sur le plan matériel.
Non seulement la donation des parents MEYRANT est plus importante (donation + prise en charge totale du jeune couple), mais Marie QUINQUE apporte non seulement le mobilier complet d’une chambre à coucher et du linge pour une valeur totale de 331 F, mais également une dotation de sa mère de 850 F et de ses grands parents de 1 000 F.
 
De pair avec l’élévation sociale, il est à remarquer l’élévation du niveau d’éducation.
Si lors du premier mariage en 1854 les parents des futurs mariés ne savaient pas signer, cette question ne se pose plus pour les nouvelles générations : ils signent tous, hommes et femmes et leurs écritures ne manquent pas d’élégance.
A cet effet, il est à remarquer que Jean MAYRAND, quoique ouvrier-carrier, savait déjà signer ainsi que Jeanne, fille naturelle de Claire DESCRAMBES, sans dot et sans profession.
 
Le mythe des patronymes différents
 
Il est intéressant de noter, aussi, la variation des orthographes : MAYRAM, MAYRAN, MAYRAND, MEYRANT.
 
Sur ce point, les orthographes variées du patronyme, ma mère, les oncles, les tantes, les grands parents sont inébranlables : « si ça ne s’écrit pas comme nous, ce n’est pas de la famille !... » 
 
Je peux avancer, sans trop me tromper, que la variante « MEYRANT » existe essentiellement à partir de mon aïeul Simon, Camille mariée à Philippe, Marie-Louise TAUZIN et venu s’installer à Sainte Bazeille.
 
Il est le premier des MAYRAM, MAYRAN, MAYRAND, MEYRANT.
à se l’approprier dans sa signature sur l’acte notarié du contrat de mariage cité plus haut.
Cette distinction est d’autant plus apparente que ses pères et mères, son frère sur les actes antérieurs sont, encore, MAYRAN/MAYRAND.
 
Ce qui explique que tous les MAYRAND, hormis ceux nés à Ste Ferme puis installés à Sainte Bazeille, ont ce patronyme à l’orthographe différente de celle de mes ancêtres directs.
 
Et pourtant, je l’affirme bien net…. MAYRAM, MAYRAN, MAYRAND
de Gironde et Lot et Garonne…et même certains MERAN d’Ille et Vilaine et d’ailleurs (mais là, c’est une autre histoire), nous sommes tous cousins.
 
C’est d’autant plus facile de l’affirmer que ce patronyme est peu répandu sur ce territoire du Sud Ouest, et que je peux assurément démontrer leur filiation à partir du début du XVIIIème siècle.
 
Ils sont tous issus du couple Pierre MEYRAN et Catherine DOSSAR demeurant à MARGUERON, en Gironde à la frontière du Lot et Garonne.

Pierre et Catherine sont repérés au début du XVIIIème siècle à MARGUERON, village de la ROQUETTE au début du XVIIIème siècle.
Ils eurent 3 fils : Jean, Berthélémi et Matthieu.
Berthélémi mourut à 21 ans, célibataire et par conséquence ne laisse trace d'aucune descendance connue

Matthieu s'installa à MONTETON (Lot et Garonne) et fonda une lignée de MAYRAND, dont un qui se maria en Ille et Vilaine et dont le patronyme se modifia en MERAN.

Jean épousa Marie SARRAZIN (souvent  mentionnée SARRAZI dans les registres paroissiaux du village de la Roquette à MARGUERON!). Le couple eut d'abord 2 fils à MARGUERON, Jean (1767)  et Elie (1774), puis pour une raison inconnue partit s'installer à LOUBES BERNAC (aujourd'hui commune du Lot et Garonne. Mais à l'époque les divisions administratives n'étaient pas les mêmes) où naquirent encore 2 enfants : 1 fille (Elisabeth en 1780) et Jean en 1782.

D'Elisabeth aucune trace ne demeure.

Des 3 autres fils, les 2 Jean fondèrent leur lignée sur LOUBES BERNAC, dont un, Jean l'aîné eut un fils qui partit pour "les Amériques". Son passage à BORDEAUX dans le registre des passeports a été repéré en direction de Santiago de Cuba


Arbre généalogique descendance 3

Mes ancêtres directs sont les descendants d'Elie, celui qui s'éloigna de ses frères et qui contrairement à eux ne se fixa pas véritablement.

Tel le "juif errant", régulièrement Elie et sa famille grandissante (6 enfants) se déplaça dans un rayon de 20 KM (à vol d'oiseau)

Il se maria avec Marguerite AUBERON, originaire d'ESCLOTTES.

Mais, à ce jour, ce mariage n'a pu être trouvé ni à LOUBES BERNAC, ni à ESCLOTTES, là où naquirent les 3 premiers enfants  : Pierre en 1805, Jean en 1806 et Marie en 1809.

Puis, les 3 autres naquirent à PELLEGRUE : Marguerite en 1811, autre Marguerite en 1813 (elles moururent en bas âge en juillet 1815 à quelques jours d'intervalles. Accident? Maladie contagieuse?) et Jean en 1817.

Cependant, entre 1828 et 1842,  il semble que la famille demeure à MONSEGUR. Cette assertion s'appuie sur un certain nombre d'actes d'état civil bornant cette période (actes de mariage de Pierre MEYRANT et Marie PUISSEAU en 1828 jusqu'à l'acte de naissance en 1842 de Marie MEYRANT, 5ème enfant de Pierre MEYRANT et Marie PUISSEAU)

Puis au moins à partir de 1847, elle s'établit à AURIOLLES (acte de naissance du 6ème enfant de Pierre MEYRANT et Marie PUISSEAU). La présence d'Elie et de sa femme y est actée également.

C'est là, aussi, qu'ils décèderont : Elie le 16  décembre 1854 (soit 3 semaines après le mariage de son petit-fils Jean avec Jeanne DESCAMBRES à St FERME)
 et Marguerite AUBERON le 25 mars 1859.
Arbre généalogique descendance 1

Si l'ensemble des descendants d'Elie, puis de Pierre, gravitent autour de MONSEGUR-PELLEGRUE-AURIOLLES,  Jean en s'installant à ST FERME entraine cette branche des MEYRANT à ST FERME puis toujours plus à l'est, à SAINTE BAZEILLE, avec Camille (Simon).Arbre généalogique descendance 2

 




Que sont les MEYRANT devenus ?....


En 2010, les descendants de Pierre et Marie DOSSAR, uniques  porteurs sur ce territoire trés limité du Sud Ouest de ce patronyme MEYRANT/MAYRAND/MAYRAN, sont trés peu nombreux et ignorent qu'ils sont "tous cousins".

En ce qui concerne plus directement ma "branche", cette disparition du patronyme s'explique tout simplement par la féminisation des MEYRANT.

D'une part si durant tout le XVIIIème siècle et en partie le XIXème siècle, le nombre des naissances des garçons a toujours été supérieur à celui des filles, cette tendance s'inverse au XXème siècle.
D'autre part, les quelques mâles MEYRANT existant meurent (la guerre) sans descendance ou restent célibataires (et sans descendance reconnue en tout état de cause!)



L'Origine du Patronyme est toujours un mystère !...

 

Patronyme en voie de disparition.

Patronyme historiquement trés limité géographiquement dans le Sud Ouest

Quelques hypothèses toutefois :

Origine ardéchoise ?

Ce patronyme existe toutefois  dans une autre région, en Ardèche : MEYRAN ou MAYRAN.

Issu de la topographie locale : le col de Mayran, il est assez fréquent.

A moins de trouver, avant le XVIIIème siècle, la trace de l'émigration d'une famille MEYRAN/MAYRAN ardéchoise vers ces coteaux reculés de la Gironde, le lien semble toutefois trés tenu.

Origine juive ?

Les prénoms donnés aux enfants peuvent être un indice : les prénoms Elie et Simon en particulier sont trés révélateurs.
Ces prénoms bibliques se retrouvent essentiellement dans les familles protestantes ou hébraïques.

Cette fréquence est peu élevée dans cette famille... mais rien que leur apparition est un signe de cette particularité.

D'ailleurs, lors de mes recherches dans les différents registres paroissiaux et d'état civil des différentes communes de ce petit territoire dans lequel évoluent ces MEYRANT, d'autres patronymes éveillent la même attention : ABRAHAM, ISAAC, JUDE.

Historiquement, il faut se rappeler qu'une importante communauté marane s'était installée dans le Bordelais, au XVème siècle, suite à  l'arrivée au trône en Espagne des "Rois trés catholiques" et la répression menée contre les juifs dans leur royaume.

N'oublions pas que la femme de Jean MEYRANT (fils de Pierre et Marie DOSSAR) est une ...SARRAZI !
Le patronyme SARRAZI (devenu plus généralement SARRAZIN) est trés fréquent dans cette région et rappelait de façon trés générique ceux qui venaient de l'autre côté des Pyrénées : le Sarrazin, le Maure...mais vraisemblablement aussi le Juif... 

D'ailleurs "MEYRANT", m'a fait remarquer, immédiatement et trés justement,  une amie juive...n'est-ce pas une "adaptation" locale de MEYER?!

pour me contacter :
jakapiax@orange.fr


 




 
 
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